B. Repères historiques

Comprendre la diaconie d’aujourd’hui impose de parcourir, avec un regard spécifique, l’ensemble de l’histoire de l’Eglise chrétienne, de ses origines à nos jours. Car, si le terme de « diaconie » renvoie aujourd’hui, de façon générale, à la notion de service, sa fonction spécifique a varié au cours du temps, privilégiant tour à tour  l’action caritative, expression matérielle de l’amour charité, et la fonction cultuelle.

Dans un document destiné au Cahier Synodal PACCA, le pasteur Olivier BRES, actuellement secrétaire général de la Fédération de l'Entraide Protestante, nous aide à survoler ces quelques 2000 ans d’histoire de la diaconie. Une part de sa réflexion émane du livre de Gottfried HAMMANN «  L’Amour retrouvé » (cf. bibliographie).

Dans cette longue histoire, et pour ce qui concerne notre pays, le XIXème siècle apparaît comme déterminant :

- Les Réveils, qui marquent le  monde réformé à cette époque, sont volontiers progressistes sur le plan social et se préoccupent d’éducation, de santé et de solidarité.
- Indépendamment des prises de position que prennent les Eglises, nombreuses sont les œuvres qui voient alors le jour.
- Sous l’impulsion de John Jenkins et Guillaume Le Coat, naissent entre 1885et 1892, en Bretagne les premières œuvres baptistes : un hospice, un asile de nuit pour les vagabonds, un orphelinat pour filles et un orphelinat pour garçons. - C’est aussi en 1881, l’implantation en France de l’Armée du Salut.
- L’ouvrage de Tommy FALLOT « Protestantisme et Socialisme » peut être considéré comme l’acte fondateur de la mouvance protestante du Christianisme social.

Cette orientation viendra « mordre » sur le XXème siècle que vont marquer trois évolutions majeures

- la Loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat de 1905 : l’autonomisation juridique des œuvres sous forme d’associations culturelles, coupant le cordon qui les reliait à leur Eglise « mère », ce qui conduira à leur laïcisation progressive
- le terrible conflit armé de 1914 – 1918 : la guerre «  véritable dépravation de l’homme » semble avoir « prouvé » à beaucoup, « qu’il était  impossible de réformer l’homme et la société ». (John Stott. Le chrétien et les défis de la vie moderne. Voir Index Bibliographique).
- Cette tendance marquera  tout particulièrement – hors quelques exceptions - la mouvance évangélique pendant plus de 50 ans et il faudra attendre la Déclaration de Lausanne en 1974 pour que soit à nouveau affirmé que « l’Evangile est la source dont découlent l’évangélisation et la responsabilité sociale »
- la prise en charge progressive par l’Etat de la « protection sociale » impose à un certain nombre d’œuvres un repositionnement  souvent difficile à comprendre par les Eglises.

La montée du Nazisme et l’interpellation qu’elle suscite dans les milieux protestants sera à l’origine de la création, puis du développement de la CIMADE. D’autres conflits, armés ou économiques continueront à amener leur lot de réfugiés.

Ce n’est qu’à l’aube des années 80 - les années Coluche - que l’attention de la société dans son ensemble, et des Eglises, sera à nouveau attirée sur les pauvretés issues en particulier de  nouvelles formes de précarité. Un certain nombre d’œuvres  ou d’actions verront alors le jour, élargissant les champs d’intervention traditionnels : quelques histoires en témoignent.